LES VIOLENCES SEXUELLES DANS LE SUPERIEUR

Vendredi 18 février 2022

Les violences sexuelles en études de pharmacie


Il y a un an, les étudiants de Sciences Po dénonçaient des violences sexistes et sexuelles qui ont lieu dans la prestigieuse école française. L’idée était surtout de faire la lumière sur ce phénomène de société auquel les acteurs du supérieur ne font pas exception.


Quasiment un an plus tard l’ANEF, association nationale des étudiants en pharmacie, a révélé les résultats d’une enquête sur les violences sexistes et sexuelles menée entre Novembre et Décembre 2021.

L’association a récolté 2 103 réponses d’étudiants et d’étudiantes en études de pharmacie pour mesurer l’ampleur de ce type de violences dans les études pharmaceutiques.

Ces données ont donc fait l’objet d’une conférence de presse pour interpeller sur les résultats inquiétants de l’enquête.


En effet, l’enquête révèle qu’un quart des étudiantes en pharmacie disent avoir déjà subi une agression sexuelle durant leurs études.

Plus encore, une étudiante sur deux a fait l’objet de remarques à caractère sexistes.

Enfin, près d’une femme sur deux témoignent de messages et de gestes déplacés de la part d’étudiants, mais également d’enseignants.

Des cas de viols par des camarades de classe ont également été dénoncés.


Le premier constat est que les femmes sont davantage touchées par ces violences. Et pour celles qui ont tenté de les dénoncer, elles se sont heurtées à une profonde inaction du corps enseignant et des établissements. Sans parler de la difficulté à porter plainte, puisqu’elles effacent souvent elles-mêmes les preuves du crime, ou sont trop traumatisées pour en parler.


Le but de l’ANEF avec cette enquête était d’interpeller sur la gravité de la situation et de rappeler que les établissements scolaires devraient rester des lieux de savoir, dans lesquels chacun peut se sentir en sécurité.


Pour autant, les résultats de cette enquête n’ont pas choqué tout le monde. Certains jugent que ce constat n’est malheureusement pas un fait marginal. Il fait partie d’un mouvement de prises de parole et de dénonciations qui a commencé avec les étudiants en médecine, puis en IEP (Instituts d’études politiques) mais, également des témoignages venant d’étudiants à Central Supélec, ENS Lyon, ou encore en STAPS.


Les violences subies par les étudiants et étudiantes en pharmacie ne sont en effet pas des cas isolés, et le problème dépasse largement le monde estudiantin.

Théo Vitrolles, le porte-parole de L’ANEF, parle de « banalisation » des actes entre étudiants, qui se produisent souvent lors de soirées étudiantes où de l’alcool est consommé.


Il semblerait d’ailleurs que les agressions soient plus répandues dans le domaine de la santé. Cela s’expliquerait d’après le porte-parole de l’ANEF, par le fait qu’il s’agit d’un environnement assez fermé, qui subirait le poids des traditions ainsi qu’un effet de mimétisme.


Cette enquête a permis une nouvelle fois de mettre en lumière l’omniprésence de propos, gestes déplacés allant jusqu’aux violences sexuelles et aux viols dans toutes les sphères de notre société. Même en ayant pleinement connaissance qu’il s’agit d’une situation grave, similaire à d’autres établissements et qui met en danger la santé mentale et physique de nombreuses personnes : il n’y a pas de mesure concrète prise. Le but de l’ANEF est donc aussi d’interpeller les responsables pour que des mesures soient réellement mises en place.


Pour tous les étudiants, il faut garder en mémoire que ce genre d’événements n'est pas isolé, et qu’ils ne sont pas à banaliser, ni à prendre à la légère. Soyez prudents, même lorsque vous avez bu, prenez vos précautions et veillez les uns sur les autres !


Pour toutes les jeunes femmes (et jeunes hommes) victimes de violences sexistes ou sexuelles, si vous ressentez le besoin d’en parler, et/ou d’être accompagnées, de nombreuses associations existent comme le CFCV, que vous pouvez joindre du lundi au vendredi, de 10h à 19h.


Prenez soin de vous ! 

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