STAPS : les étudiants manifestent

Vendredi 3 Décembre 2021

Les stapsiens tirent la sonnette d'alarme


Si la seule matière qui vous plaît au collège et au lycée, c’est le sport, vous devez connaître STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), et si ce n’est pas encore le cas, ça devrait vous intéresser !


STAPS est un parcours qu’on poursuit au sein d’une université après le bac, et qui prépare à de nombreux métiers dans le domaine du sport, de l’animation et de la santé.

C’est logiquement une filière dans laquelle la pratique d’activités physiques est majeure, et actuellement la seule en France à mettre réellement la pratique du sport au cœur du parcours.



Ainsi, faire STAPS est l’une des seules options lorsque l’on veut poursuivre dans le sport en post-bac.

Certaines écoles privées proposent en effet des parcours plus ou moins axés autour de l’univers sportif, mais STAPS dépend de l'université, et est donc également le choix de poursuite d’études dans le sport le moins coûteux.


La filière est naturellement assez prisée, l’an dernier, c’était la 3e filière la plus demandée sur Parcoursup.

Le parcours STAPS est notamment populaire puisqu’il permet des débouchés assez variés et que c’est l'un des rares parcours à permettre une insertion professionnelle post-licence, sans nécessiter de master. Son taux d’insertion dans le marché du travail après la licence est en effet de 84 %.


Pour vous donner une idée de la popularité de cette filière, on y compte actuellement un peu plus de 68 000 étudiants, alors qu’ils n'étaient que 35 000 il y a dix ans.

Les effectifs ont donc doublé, notamment en raison de la création de l’option LAS qui permet ensuite de rejoindre le parcours de médecine.


Or, les universités qui encadrent cette filière n’ont pas pour autant augmenté les moyens pour accueillir tous ses nouveaux étudiants chaque année.


Ainsi, les étudiants dénoncent une qualité d’enseignement qui laisse à désirer. La filière manque de personnel pour le bon fonctionnement de ces établissements, et de professeurs, pour le bon fonctionnement des cours. Sans parler des infrastructures insuffisantes qui obligent certains étudiants à suivre leur cours assis par terre en amphi par manque de place ou même à pratiquer leurs activités physiques dans les couloirs.


Dans certaines universités notamment, des étudiants de STAPS ont vu leur rentrée décalée à cause d’un manque de professeurs, où ont simplement dû choisir d’autres cours. 



L’ANESTAPS, l'association qui représente les étudiants en STAPS à échelle nationale, a donc créé le hashtag #STAPSoubliés où étudiants et professeurs peuvent dénoncer cette situation.


Dans une vidéo postée le 29 novembre sous ce hashtag, on peut voir des étudiants obligés de suivre un cours dans une salle de musculation, sans tables ni chaises.


Les étudiants ont donc manifesté, une première fois à Rennes en septembre, puis dans toute la France en octobre. D’après l’ANESTAPS, cette manifestation a réuni près de 10 000 personnes.


Parmi les revendications des étudiants, un plan de recrutement d’au moins 1000 professeurs titulaires répartis sur le long terme. Mais également la construction de nouvelles infrastructures, pour assurer les cours dans des conditions normales, et des nouveaux complexes pour les activités sportives.

Une nouvelle manifestation devant l'Assemblée nationale a donc eu lieu le 24 novembre dernier pour faire entendre leurs réclamations.



Mais les étudiants ne sont pas les seuls à déplorer le silence du gouvernement

Les professeurs, face à l’inaction des rectorats et du ministère de l’enseignement supérieur, menacent de ne plus faire cours une fois leur volume horaire annuel prévu atteint, ce qui devrait arriver d’ici fin janvier.

Avec 1 professeur pour 44 étudiants en moyenne en STAPS à l’université du Mans par exemple, ces derniers sont obligés de multiplier les heures supplémentaires pour assurer les cours.


Au-delà de la situation des stapsiens, les étudiants manifestent pour dénoncer un manque d’investissement plus global dans l’enseignement supérieur, et donc d’une certaine manière, dans l’avenir.


Cela ne doit pas pour autant vous décourager de choisir cette filière si c'est celle qui vous correspond, mais il est important de savoir tout de même ou vous mettez les pieds !


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